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Les Chansons Engagées d’Alain Bashung.
Alain Bashung : un artiste libre, inclassable et profondément humain.
Alain Bashung est l’un des artistes les plus marquants de la chanson française. Avec son style inclassable, mêlant rock, new wave, et chanson poétique, il a su créer un univers singulier, empreint de mystère et de liberté. Contrairement à des figures ouvertement engagées comme Renaud ou Léo Ferré, Bashung n’a jamais revendiqué une posture militante. Pourtant, à travers certaines de ses chansons, il a su exprimer une forme d’engagement, plus implicite, mais tout aussi percutante. Cet engagement n’était pas tant politique que poétique et humain, révélant une sensibilité aux dérives du monde et aux injustices.
Un engagement subtil : la poésie comme forme de résistance.
Si l’on cherche des chansons explicitement politiques ou contestataires dans le répertoire de Bashung, on risque d’être déçu. Il n’a jamais été un porte-drapeau militant, et il fuyait les slogans trop évidents. Son engagement se situait ailleurs : dans sa manière d’observer le monde, de questionner les rapports de pouvoir, de dénoncer le conformisme, et d’explorer les désillusions humaines.
Plutôt que de revendiquer des causes de manière frontale, il préférait user de métaphores et de double sens, laissant ses textes ouverts à l’interprétation. Cet engagement subtil et poétique donne une profondeur particulière à son œuvre, rendant certains de ses titres particulièrement percutants pour ceux qui savent y lire entre les lignes.
« Résidents de la République » : une critique douce-amère de la société française.
L’un des rares morceaux où Bashung semble s’approcher d’une critique plus explicite est « Résidents de la République », extrait de son dernier album Bleu Pétrole (2008). Dans cette chanson, il dresse le portrait d’une société en perte de repères, où les citoyens semblent déconnectés des réalités du pouvoir.
Bashung y évoque un malaise ambiant, une lassitude face aux promesses non tenues et aux désillusions du système. Avec son chant grave et ses arrangements mélancoliques, le morceau sonne comme une alerte douce, un constat amer sur une démocratie qui s’essouffle.
« Volontaire » : la célébration de la liberté individuelle et du refus du formatage.
Dans un tout autre registre, « Volontaire » (1982) illustre une forme d’engagement qui était centrale chez Bashung : la défense de la liberté individuelle et le refus du formatage. Cette chanson parle d’un personnage qui refuse de rentrer dans les rangs et de se soumettre aux règles imposées.
Le ton est clair : Bashung prône une forme d’indépendance, une rébellion silencieuse contre les carcans sociaux. A travers ce texte, il affirme son rejet du conformisme et sa volonté de rester libre, aussi bien artistiquement qu’humainement.
« Osez Joséphine » : Bashung et l’appel à l’audace et à l’émancipation.
Sorti en 1991 sur l’album éponyme « Osez Joséphine », le titre du même nom célèbre la liberté et l’audace avec un message subtil d’émancipation et de dépassement des conventions.
« La nuit je mens » : une chanson aux allures de résistance.
En 1998, Alain Bashung publie le titre « La nuit je mens » sur l’album « Fantaisie militaire ». Bien qu’ambigu ce morceau évoque la résistance et les mensonges avec des sous-entendus historiques qui font écho à des périodes sombres. La chanson est souvent interprétée comme une chanson faisant référence à la Résistance française pendant la seconde guerre mondiale. Elle évoque un homme qui mène une double vie oscillant entre réalité et fiction, mensonge et vérité. Le texte est volontairement flou laissant certes places à différentes interprétations possibles.
« Légère éclaircie » : une critique feutrée du monde contemporain.
Sorti en 1989, « Légère éclaircie » aborde l’état du monde avec ironie. Bashung y évoque le désenchantement d’une époque marquée par la crise économique, les tensions sociales et l’individualisme croissant. Son écriture poétique et elliptique laisse transparaître une critique subtile de la société de consommation.
Une œuvre façonnée par la poésie, le rock et l’expérimentation.
Sa collaboration avec des paroliers comme Jean Fauque ou Gaétan Roussel témoigne de cette volonté de proposer des textes riches et profonds, loin des standards commerciaux. Il a également contribué à ouvrir de nouvelles voies dans la chanson française, en mariant poésie, rock et expérimentations sonores.
Le dernier combat : la scène comme ultime acte d’engagement.
Son combat contre la maladie, qu’il a mené en continuant à chanter et à se produire sur scène, est une autre forme d’engagement : celle d’un artiste qui refuse de renoncer à sa passion, malgré la douleur. Son dernier concert aux Victoires de la Musique en 2009, où il chante « Résidents de la République » avec une émotion palpable, reste l’un des moments les plus marquants de sa carrière.
« Je crois qu’il faut savoir rester vivant, coûte que coûte. » et il le reste dans notre cœur.
On écoute les 5 Titres les plus engagés de Alain Bashung :
- « Osez Joséphine »
- « La nuit je mens »
- « Volontaire »
- « Résidents de la République »,
- « Légère éclaircie »
Son dernier concert aux Victoires de la Musique en 2009
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