đŸŽ€ Lesley Gore : “You Don’t Own Me”
 mais on vous doit beaucoup.

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CrĂ©dit : Dan Grossi / AP

đŸŽ€ Lesley Gore : “You Don’t Own Me”
 mais on vous doit beaucoup.

Quand la révolte venait en robe à pois ?

On croit tout connaĂźtre de la chanson engagĂ©e. Les guitares rĂąpeuses, les voix en colĂšre, les slogans scandĂ©s comme des mantras. Mais parfois, la rĂ©volution porte un brushing parfait, chante en do majeur, et s’invite dans les salons via un transistor rose.

Bienvenue dans l’univers de Lesley Gore, l’artiste qu’on a injustement rĂ©duite Ă  “It’s My Party” (et au gĂąteau qui part en vrille), alors qu’elle chantait dĂšs 1963 un hymne fĂ©ministe bien plus culottĂ© que beaucoup de tubes sortis cinquante ans plus tard.

“You don’t own me.”
Traduisez : “Tu ne me possùdes pas.”

En pleine AmĂ©rique puritaine, une ado de 17 ans osait dire Ă  son petit copain (et au patriarcat par la mĂȘme occasion) : tu n’as aucun droit sur moi.
Pam! Dans les dents! Et en robe trapĂšze s’il vous plait.


Une ado, un micro, et déjà une bombe sociale.

Lesley Sue Goldstein, alias Lesley Gore, est nĂ©e en 1946 Ă  New-York. Famille juive de la middle class, ambiance banlieue tranquille, le rĂȘve amĂ©ricain Ă  base de casseroles en aluminium et de concours de majorettes. Mais la petite Lesley a une voix. Une vraie. Un truc qui serre le cƓur et dĂ©fie les aiguĂ«s comme personne.

À 16 ans, elle est repĂ©rĂ©e par Quincy Jones (oui, le futur producteur de Michael Jackson, rien que ça !) qui dĂ©cide de faire d’elle une star. Banco : “It’s My Party” sort en 1963, cartonne aux États-Unis, et la jeune fille devient une idole.

Mais sous les jupes qui tournent et les mĂ©lodies sucrĂ©es, il y a dĂ©jĂ  de la poudre. Car Lesley Gore ne veut pas juste pleurnicher Ă  cause d’un petit copain volage.

Elle veut exister.


“You Don’t Own Me” : le missile fĂ©ministe de 1963.

Et là, bam. Fin 1963, elle balance “You Don’t Own Me”.

À peine 17 ans, et elle chante :

“Don’t tell me what to do
Don’t tell me what to say
And please, when I go out with you
Don’t put me on display
”

👉 Une femme qui dit à son petit copain de ne pas la contrîler.
👉 Une ado qui refuse d’ĂȘtre un accessoire de vitrine.
👉 Une chanteuse qui se fiche des convenances.

À une Ă©poque oĂč les femmes ne pouvaient pas encore ouvrir un compte bancaire sans autorisation, cette chanson est une claque. Et ça fait du bien.

« You Don’t Own Me », ce n’est pas une chanson d’amour. C’est une chanson de dĂ©sobĂ©issance.
Une invitation à la liberté, à la rébellion douce mais déterminée.


Une icîne LGBTQ+ avant que ce soit “tendance”.

Ce que peu savaient Ă  l’époque, c’est que Lesley Gore Ă©tait lesbienne. Elle ne l’a rĂ©vĂ©lĂ© publiquement qu’en 2005, dans une interview calme, digne, sans buzz ni larmes.

Mais dans un monde de showbiz ultramachiste, cette identitĂ©, elle l’a portĂ©e longtemps dans le silence.

Et pourtant, réécoutez ses chansons. Cette envie d’ĂȘtre libre. De ne pas rentrer dans la norme. De ne pas se soumettre au regard de l’autre. Tout y est.

Elle a Ă©tĂ© animatrice d’une Ă©mission sur LGBT TV, soutenue des associations, mentor bienveillante pour les jeunes artistes.


Autres titres à réécouter (et réhabiliter)

Vous croyez que Lesley Gore, c’est juste “You Don’t Own Me” et “It’s My Party” ?
Erreur! Voici quelques titres Ă  glisser dans votre playlist :

🎧 “Maybe I Know” (1964)

Un morceau faussement naĂŻf sur la trahison amoureuse
 et le choix de rester quand mĂȘme. Lecture fĂ©ministe possible ? Oh que oui.

🎧 “That’s the Way Boys Are” (1964)

Sous ses airs rétro, une critique ironique des doubles standards masculins. La société excuse les hommes ? Pas elle.

🎧 “Sunshine, Lollipops and Rainbows”

Petite bulle sucrée
 mais écoutez bien : parfois, pour survivre, il faut chanter plus fort que la douleur.


Le grand silence (et la belle fin).

Lesley Gore n’a jamais cessĂ© de chanter, mais aprĂšs l’effervescence des sixties, elle a Ă©tĂ© peu Ă  peu oubliĂ©e par l’industrie.

Elle a composĂ© pour le cinĂ©ma, militĂ© dans l’ombre, et Ă©crit. Elle ne cherchait plus la lumiĂšre : elle cherchait Ă  rester fidĂšle Ă  elle-mĂȘme.

Elle est morte en 2015, d’un cancer du poumon. Trop tît. Trop discrùtement.
Mais sa chanson rĂ©sonne toujours. Encore plus fort, peut-ĂȘtre.


“You Don’t Own Me” : l’hĂ©ritage.

En 2016, la chanson devient un hymne non officiel contre Trump, reprise dans des publicités, des manifestations, des TikTok féministes.
Jessie J l’a rĂ©interprĂ©tĂ©e en version moderne, BeyoncĂ© l’a citĂ©e, des actrices l’ont scandĂ©e lors des Women’s March.

À chaque fois, le mĂȘme message : “Tu ne me possĂšdes pas. Je suis libre. Et je suis forte.”

Et si c’était ça, le vrai succĂšs ?
Pas les charts. Pas les trophées.
Mais laisser une chanson derriĂšre soi qui continue Ă  Ă©manciper bien aprĂšs qu’on ait fermĂ© le micro.

Glissez “You Don’t Own Me” dans votre playlist. Regardez les sourires.
Et rappelez-vous qu’en 1963, une jeune fille de 17 ans a dit non. Avant tout le monde. Et pour ça, Lesley, on te dit merci.


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