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« La Java des bombes atomiques » : la chanson de Boris Vian qui se moquait de la fin du monde.

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Credit photo : Studio Harcourt

La Java des bombes atomiques : la chanson de Boris Vian qui se moquait de la fin du monde.

La Java des bombes atomiques c’est une chanson qui vous fait sourire avant de vous glacer le sang. Un air de fête, un texte qui parle d’extermination. Boris Vian savait faire ça. Personne d’autre n’a jamais osé pareil grand écart.

Une chanson née en pleine guerre froide

Nous sommes en 1955. Boris Vian a trente-cinq ans, l’argent manque, et il décide de tout miser sur la chanson. Il commence à travailler sur La Java des bombes atomiques le 25 mars 1955, dix ans après Hiroshima et Nagasaki. La peur nucléaire n’est plus une hypothèse d’école : elle habite les conversations et la une des journaux.

Boris Vian, qui venait déjà d’exprimer son combat libertaire et antimilitariste avec la chanson grave Le Déserteur, choisit ici un tout autre registre : l’humour, la fanfare, le texte loufoque. Un choix radical. Face à l’innommable, il ne hausse pas le ton. Il rit et se moque. Et ce rire-là fait plus mal que n’importe quel cri.

L’histoire d’un oncle bricoleur qui allait changer le monde

Le procédé narratif est d’une simplicité redoutable. Un vieil oncle, bricoleur du dimanche, fabrique des bombes atomiques dans son atelier, entre deux bols de soupe. Sans avoir jamais rien appris, c’était un vrai génie question travaux pratiques, chante Vian. Le problème, c’est que ses bombes n’ont qu’une portée dérisoire de quelques mètres.


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